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architecte

Dominique Perrault entre à l’Académie des Beaux-Arts

23 juin 2016 L’architecte Dominique Perrault a été installé au fauteuil de Marc Saltet sous la Coupole par Son Altesse l’Aga Khan, en présence de la ministre de la culture et de la communication Audrey Azoulay. À l’issue de la cérémonie, il a reçu l’épée dessinée par Gaëlle Lauriot-Prévost des mains de Catherine Pégard, présidente de l’établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles.

Dominique Perrault


Extrait du discours de son Altesse l’Aga Khan, lors de laquelle il a rappelé les grandes étapes de la carrière de Dominique Perrault et la spécificité de son architecture :

« Donner une forme matérielle à vos rêves a toujours été et continue d’être, me semble-t-il, un élément essentiel de votre inspiration et de votre approche de l’architecture. Vous avez su créer des formes et des volumes, des paysages diriez-vous, qui traduisent votre perception de la valeur architecturale du vide, vide auquel l’occupant, c’est-à-dire l’humain, donne vie. Vous utilisez le vide entre les corps de bâtiments avec le même soin que dans les bâtiments eux-mêmes. Il me semble que (…) vous ne considérez pas l’architecture au premier chef comme un volume sculptural, destiné à être admiré de l’extérieur mais plutôt comme un espace dans lequel l’homme peut vivre heureux, méditer et créer. »

L’épée. Signée par la designer Gaëlle Lauriot-Prévost, l’épée d’académicien de Dominique Perrault en renouvelle librement les codes, qu’il s’agisse de la forme générale, de l’ornementation ou de la forge.

Le principe de cette épée relève d’un jeu de langage, d’un glissement sur les significations que le terme « arme » recouvre. Plutôt que la définition classique d’instrument d’attaque et de défense, c’est une acception constructive qui est ici mise à l’honneur : le fer arme le béton pour ériger le mur. À l’instar d’une barre d’armature, la surface de la lame est donc régulièrement nervurée. Ces nervures sont plus nombreuses au niveau de la poignée, constituée de la soie seulement, pour faciliter la préhension. Mais la forme générale en cône et les torsades ornementales évoquent immédiatement un deuxième imaginaire, celui des créatures fabuleuses dont la licorne est l’emblème. La réalisation de l’épée, menée en collaboration avec l’Université de sciences appliquées d’Aix-la-Chapelle, fait appel à la sidérurgie de pointe : la fusion sélective par laser. Partant d’un modèle 3D de l’objet, ce procédé de fabrication additive consiste à fusionner progressivement et localement de la poudre métallique, à l’aide de lasers de haute puissance.  La poussière devient ainsi matière, renversant le cycle classique de l’érosion.

Ce croisement entre culture constructive et onirisme, entre iconographie classique et technologie innovante, résulte en un objet unique, qui répond pleinement à la définition d’une épée d’académicien : « représenter un symbole de dignité et de personnalité. »

 

Morceaux choisis du discours dans lequel Dominique Perrault a rendu hommage à son prédécesseur Marc Saltet, en s’inscrivant dans ses pas : 

« Pour ma part, j’arpente la rue Bonaparte pour me rendre chaque matin à l’Ecole nationale des Beaux-Arts. Sais-je à ce moment-là que j’emprunte la même voie que mon prédécesseur ? Sais-je qu’il me reviendra de réinventer l’aile Dufour au château de Versailles ? Sais-je aussi que, bien des années plus tard, je serai installé à son fauteuil ? Si nous avons partagé la même vocation, Marc Saltet et moi-même n’avons pas véritablement suivi le même parcours. Cependant, pour nous deux, c’est la commande publique qui aura présidé à nos carrières d’architectes. »

 

« Mais de quelle plus belle démocratisation peut rêver un architecte lorsque c’est un commanditaire éclairé qui préside ? Marc Saltet eut la grandeur du Général de Gaulle ; j’eus celle de François Mitterrand. Et lorsqu’il réhabilitait le Trianon à Versailles, j’édifiais le long de la Seine la nouvelle Bibliothèque nationale. »

 

« Quand j’imagine le nouvel hippodrome de Longchamp à Paris, ou la transformation de la Poste du Louvre, je sais que, nain sur des épaules de géant, et dans les pas de Marc Saltet, je pose ma pierre, dresse mon fer à béton et tends ma maille de fer, sur les œuvres de ceux qui nous ont précédés. Le temps fait son chemin, qui est souvent de destruction : nous le contredisons, nous construisons, et nos constructions sont des révélations. »

Lire le discours de Dominique Perrault

 

 


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